De la parole à l'écriture en Afrique

La démarche exploratoire du comportement de l'acte d'écriture et de la vision
du monde d'un nouveau romancier africain de deuxième génération s'inscrit ici
dans la dynamique d'une rupture épistémologique volontaire, dans ce sens que
les communications proposées sur L'Otage de Faustin Mvogo revendiquent un
fond théorique autonome. Les contributeurs tentent une action de théorisation
du glissement, apparemment simple, mais en réalité très complexe, qui permet de
cheminer de la parole à l'écriture chez l'Africain dans l'espace conflictuel de la (post)
modernité. C'est une attitude originale de questionnement des rapports, de plus
en plus ambigus, entre le roman et la réalité en Afrique. Le caractère atypique du
texte interrogé, qui «surfe» entre la parole urbaine, la parole rurale autochtone et la
trajectoire idéologique personnelle de l'écrivain, constitue la principale curiosité qui
aura donné du grain à moudre aux auteurs.
Cet ouvrage se veut aussi une illustration des nouveaux rapports entre la société du
texte, la société de l'auteur et le texte social, à l'heure où la littérature a réussi à se
positionner dans le continent noir comme une source déterminante de compréhension
de l'identité anthropologique et sociologique des peuples et des pays. Il s'agit d'une
sorte d'analyse groupée d'un texte pluriel qui s'exhibe comme un itinéraire scientifique
«géno-textuel» et «phéno-textuel», qu'empruntent allègrement les chercheur(e)s,
pour interpréter le nouveau profil d'une société africaine demandeuse de démocratie.
D'où le glissement de la parole à l'écriture.