Tuantes

Tuantes
Pauline est victime d'une pathologie des plus répandues
aujourd'hui à laquelle personne n'est certain d'échapper. C'est une
vraie maladie : la gérontophobie.
Pas celle, marginale, qui fait haïr les vieux, celle qui fait détester
la vieillesse. Spécialement celle de nos parents, parce qu'ils nous
ressemblent. Dans le miroir déformé de leurs visages, ce que
nous voyons passer c'est notre propre déclin. L'amour étrange
qu'Isabelle porte à Pauline ne peut s'accommoder de cette image
menaçante, de ces rides, de ces oublis., ni de cette mémoire familiale qu'elle radote pour nous l'imprimer et qu'un jour nous aussi
la radotions. C'est ce jour que nous repoussons en enfermant
nos vieux, en les tuant d'une manière où d'une autre par notre
absence ou par nos reproches, pour oublier le cycle inéluctable
des générations. Se laisseront-ils faire ?