Migrations humaines et mises en récit mémorielles : approches croisées en anthropologie et en préhistoire

Les migrations sont perçues habituellement comme
cause ou comme effet de la mondialisation tandis
que la mémoire semble avoir pris depuis quelques
décennies des allures de course à la patrimonialisation
des dimensions les plus diverses de la culture.
Paradoxalement, si de nombreux travaux ont envisagé
les migrations et la mémoire comme processus humains
et sociaux ainsi que comme objets de recherche, peu ont
placé leur articulation au centre de leurs questionnements.
La problématique qui structure cet ouvrage pense
ensemble les logiques de la mémoire et les logiques
de la migration - soit une mobilité qui se donne à
voir dans l'espace, mais se dessine surtout dans la
dimension du passage, des ruptures et des transferts
qu'entraînent les phénomènes de mobilité. L'originalité
de l'approche proposée ici tient au dialogue qui est
établi entre l'observation des migrations en préhistoire
qui réfléchissent à partir des «traces» matérielles, et
les approches plus diversifiées des migrations et des
mises en récits mémorielles qui informent la réflexion
des anthropologues.
Le dialogue entre préhistoire et anthropologie est
déployé autour de trois axes transversaux : les récits
institutionnels sur la migration, le sens donné par les
acteurs à leurs expériences migratoires et le travail
d'homogénéisation qu'opère la mise en récit et, enfin,
le vécu immédiat de la migration comme séquence
biographique.