Bretagne des saints et des croyances

Aux V<sup>e</sup> et VI<sup>e</sup> siècles, l'émigration des Bretons insulaires, volontaire à l'origine, devint de plus en plus massive et l'ouest armoricain fut reconnu Bretagne dès le début du VII<sup>e</sup> siècle. Habitués à un clergé monastique, ils ont introduit, tout naturellement, leurs pratiques religieuses sur le continent. Les moines, sitôt accostés, ont cherché des endroits de solitude pour une vie de prière et de paix intérieure.
Ils sont, avec leurs disciples, les fondateurs des ermitages (Lann) et des paroisses primitives (Ploe). Le développement d'un fort sentiment religieux aux XI<sup>e</sup> et XII<sup>e</sup> siècles a joué un rôle essentiel dans la propagation des lieux de culte (Loc en breton).
Aujourd'hui,
Des dizaines de milliers de personnes perpétuent en leur identité le nom d'un saint breton.
Plus de 1 250 localités, petites ou grandes, conservent en leur nom le culte voué aux vieux saints bretons. Ils sont honorés à l'église, à la chapelle ou à la fontaine. La population locale fête son saint à jour fixe ; le pardon comprend traditionnellement - maintenant, il est parfois réduit - l'office, la procession avec bannières, reliques et cantiques et le «tantad».
Au bout de quinze siècles de mémoire vive, ce livre conduit chacun, de clocher en fontaine, de calvaire en ossuaire, sur les pas de ces vieux moines bretons devenus saints par la volonté populaire. A l'aube du millénaire, il vous offre une balade extraordinaire en ces lieux discrets où l'eau et la pierre se disent tout bas la véritable vie des saints bretons. Elles sourient aux légendes qu'ils ont fait naître en ces terroirs de passions.