L'art des années 2000 : quelles émergences ?

Quel art, où l'art a-t-il fait du neuf depuis 2000 ? Le concept de
«nouveauté» re-convoque la vieille question de la modernité. À ce
propos, les arts du XXI<sup>e</sup> siècle sont-ils encore postmodernes, ou emportés
par le mouvement de cette «grande page historique tournée» - le
fameux an 2000 - et donc à nouveau, comme autrefois l'art moderne,
préoccupés surtout par l'écriture de l'Histoire ? L'art est-il, au contraire,
apocalyptique, art de liquidation définitive de l'Histoire, et finalement
amnésique, irresponsable, peut-être même infantile, ou encore
seulement préoccupé de subjectivité ?
Voilà internet, vitrine attrayante d'un grand magasin planétaire enfin
révélé, ou d'une postmodernité cette fois réellement galopante (ultra
diversifiée, ultra délocalisatrice, ultra capitaliste) : quid de ses «arts
virtuels»?, des mondialisations ou altermondialismes artistiques qu'il
aurait permis ? Les arts plastiques ne trouvent-ils de solutions qu'entre
une allégeance au marché et des retours (nostalgiques ? réflexifs ?) sur
les inventions du XX<sup>e</sup> siècle ? D'autres questions pêle-mêle : qu'en est-il
des arts utilisant les téléphones portables ? Qu'en est-il des questions de
genre ? Il semblerait que la musique «savante», elle, cherche aujourd'hui
son centre, celui séparant la tonalité de l'atonalisme. Le cinéma d'avant-garde,
de son côté, a-t-il réellement quitté les salles ? Le 11 septembre
2001 a-t-il rendu à tout art son engagement politique... ? La très ancienne
malédiction attribuée à tort à Hegel (la soi-disant prophétie de la mort
de l'art) est-elle enfin accomplie au XXI<sup>e</sup> siècle ou sont-ce au contraire
l'esthétique, la politique et même la philosophie qui sont comme mortes,
abandonnant aux arts (ou, comble de l'horreur peut-être souligné par
Stockhausen, aux actes de terrorisme évoqués ci-dessus) le champ de
toute expression voire d'action symbolique possible ?