Littérature et modernisation au Brésil

La modernisation au Brésil se confond avec la constitution du pays. La
forme qu'elle y assume se dessine de façon décisive au moment même de
l'Indépendance en 1822 et se reproduit en temps que modernisation conservatrice
tout au long des deux siècles suivants. C'est ainsi qu'elle donne le sentiment
d'osciller entre un changement qui ne respecte que peu de limites et la persistance
du passé.
Cette modernisation à la fois vertigineuse et toujours incomplète a souvent
été dramatique, faisant parfois disparaître les marques qui auraient permis de
l'évaluer. La conscience culturelle perd alors pied lorsque l'on envisage la portée
et le sens des transformations qui l'affectent.
La meilleure littérature brésilienne n'a jamais cessé de travailler ces formes
contradictoires.
C'est sous cet angle que les examinent deux équipes française et brésilienne,
dans le cadre d'un accord Usp-Cofecub, en essayant de mettre en lumière les
rapports qui s'établissent entre la forme littéraire et le processus social. Elles se sont
concentrées sur certains moments où ce rythme particulier se donne à voir avec
plus de netteté : le début de la République, l'immigration et l'industrialisation des
années 20 puis les transformations post-1945.
Trois axes thématiques ordonnent la quinzaine d'études contenues dans le
présent volume : regards sur la ville, écriture et idéologie, lyrique et modemité.