La réfaction du contrat

La réfaction du contrat, initialement définie comme «la faculté de réduire
le prix stipulé dans un contrat en raison du caractère insuffisant de la prestation
du contractant», tend à se généraliser. De son application par la jurisprudence,
il résulte que son domaine n'est plus exclusivement celui de la vente
commerciale mais s'étend à divers autres secteurs. La réfaction constitue une
sanction qui peut être mise en oeuvre aussi bien en présence d'un déséquilibre
contractuel que d'une illicéité contractuelle, pour sauver le contrat d'une
inexécution ou d'une annulation. Elle s'applique donc au prix de vente, aux
clauses de non-concurrence, à la durée d'une stipulation... à tout élément
interne au contrat qui déséquilibre le rapport contractuel ou qui le rend illicite.
La généralisation de la réfaction a remis en cause les fondements
originellement proposés. La présente recherche permet de relever que le
fondement de l'équité et celui de la bonne foi pris conjointement, peuvent
justifier toutes les applications de la réfaction. Elle constitue une émanation du
pouvoir modérateur et créateur du juge qui s'inscrit dans un contexte
solidariste. Toutefois, le juge n'a pas le monopole de son application. Les
contractants procèdent aussi à la réfaction du contrat en dehors de toute
disposition législative les y autorisant, de manière unilatérale, à l'image d'une
sanction privée.
L'auteur appelle de ses voeux un texte législatif ayant pour but non
seulement de traduire les mutations contractuelles et les pratiques judiciaires
qui en découlent, mais aussi d'uniformiser notre législation avec les législations
étrangères et les principes du droit européen du contrat.