Mazarin : l'étranger qui a fait la France

«Pour porter les affaires de la France au plus haut point
(...), une seule chose est nécessaire : que les Français soient
pour la France», déclarait Mazarin. Peut-on trouver conseil
plus avisé ? S'il était romain, diplomate pontifical, il fut aussi
et surtout le principal ministre de Louis XIII, puis celui d'Anne
d'Autriche, pendant dix-huit ans.
Il dut affronter une révolution, la Fronde, et une brillante
opération de communication politique, les mazarinades,
menée contre lui par le cardinal de Retz et le parti aristocratique,
avec l'appui des riches bourgeois de Paris. Il en sortit
victorieux et grandi, soutenu par la reine, dans un amour
d'une fidélité indéfectible et partagée.
Il sut conclure simultanément la guerre de Trente Ans, puis
le conflit franco-espagnol. Sans répit, il s'ingénia à recréer
la paix civile et la paix européenne, inventant la première architecture
politique de l'Europe, avec la France pour arbitre
et non comme puissance dominante.
Elégant, séduisant, plein d'humour, Mazarin aimait le pouvoir
et le plaisir. Le pouvoir à tout prix, mais soumis à une loi
qu'il observa scrupuleusement : son détenteur doit faire le
sacrifice de ses passions et de ses intérêts. Le plaisir : c'est
la fête des arts, musique, théâtre, opéra, peinture, architecture,
des Italiens et des Français, qu'il encouragea mieux
que personne.
Tel fut Mazarin, toujours tourné vers l'avenir. Un destin
unique, celui du plus grand homme du Grand Siècle ?