Fin de régime : la psychiatrie, de la République au pari biologique

La "science psychiatrique" ne résulte pas de travaux
d'un laboratoire de recherche mais vit le jour dans
un tribunal, entre soins et ordre social, au début du
XIX<sup>e</sup> siècle.
Faire échapper à l'échafaud pour enfermer à l'asile
inventait un champ propre à la psychiatrie, à distance
de la justice, de l'Église et des charlatans qui monopolisaient
jusque là la prise en charge des malades
mentaux.
Cette évolution est la conséquence directe de la
révolution de 89 et des institutions républicaines
qui, en inscrivant le statut du citoyen et de son droit
d'expression, obligeaient la médecine à envisager
l'humain dans sa "dimension psychique" inspirée de
la philosophie des lumières.
Les deux siècles qui ont suivi ont montré l'influence
majeure des mouvements socio-politiques sur l'évolution
de la "science psychiatrique", dans un contexte
d'étroite collaboration avec l'État.
La déconfiture actuelle de l'édifice psychiatrique
n'est-elle donc pas un observatoire de choix de notre
changement de régime politique ?