Applications et implications en sciences du langage : actes des journées jeunes chercheurs de 2002 et 2003

Les objets, les terrains, les théories des linguistes sont multiples. Cette pluralité
s'accompagne d'une pluralité de positionnements et d'applications possibles. Dans le
monde anglo-saxon, le domaine extrêmement développé des «applied linguistics» -
de la didactique à la terminologie en passant par l'analyse de discours, l'acquisition,
la linguistique de corpus ou la conception assistée par ordinateur - recouvre
l'intégralité des retombées sociales des sciences du langage. Il n'en est pas de même
en France où la réflexion dans ce domaine nous semble peu théorisée.
Que fait-on quand on intervient ? Que fait-on lorsqu'on va sur le terrain pour
obtenir des données, qu'on propose un «retour aux acteurs» ou qu'on transmet des
résultats, lorsqu'on enseigne, conseille ou expertise ? Pour qui intervient-on, pour
quoi le fait-on, jusqu'où peut-on ou veut-on aller lors d'interventions linguistiques ?
De quels outils théoriques et épistémologiques a-t-on besoin ? Comment éviter le
piège de l'«applicationnisme» irraisonné ?
Généraliser des interventions, c'est également voir émerger des métiers liés aux
sciences du langage. Quelles formations peut-on envisager pour ces métiers ? Quels
décalages entre des demandes du terrain et des propositions des linguistes ?
Comment les gérer ?
Voici quelques-unes des questions que pose cet ouvrage.