Compétitivité

La France est-elle compétitive ? Cette question a largement nourri le débat
public ces derniers temps. Mais tout d'abord, qu'entend-on par compétitivité ?
Est-ce la capacité à vendre moins cher, ou de meilleure qualité, ou est-ce la
capacité à attirer les capitaux et les cerveaux dans une économie globalisée ?
Ensuite, quel crédit accorder aux classements de pays ? La fiscalité joue-t-elle un
rôle crucial pour la localisation des entreprises ?
Telles sont les questions que le rapport de Michèle Debonneuil et Lionel
Fontagné aborde, en se fondant à la fois sur les développements récents de
l'économie internationale et sur des analyses statistiques rigoureuses. Le rapport
précise la notion de compétitivité et rejette les différents classements de la France
en termes de niveau de vie ou d'indicateurs composites. Il dresse un tableau
plutôt satisfaisant des performances commerciales de la France sur longue
période, mais s'inquiète de sa spécialisation industrielle au sein de l'OCDE, plus
tournée vers la moyenne-haute technologie que vers la haute technologie.
Le rapport prône enfin une approche coopérative européenne pour promouvoir
la compétitivité des économies à long terme. Hostile à la concurrence fiscale qui
porterait atteinte au modèle social européen, il est favorable à une coopération
européenne en matière d'impôt sur les sociétés.
Ce rapport est commenté par Jean-Paul Fitoussi et Jean-Luc Tavernier. Il est
accompagné de six compléments. Le premier souligne les limites des indices
composites de compétitivité : base théorique approximative et méthodologie
statistique discutable ; le deuxième montre que le PNB par habitant en parité de
pouvoir d'achat n'est qu'un indicateur frustre du bien-être d'une économie ;
le troisième met en évidence l'impact de la dotation en capital humain sur la
productivité des zones d'emploi de la France, véritable «laboratoire» d'une
économie intégrée ; les quatrième et cinquième sont consacrés à la fiscalité
- impôt sur les sociétés et fiscalité locale - et à son impact sur la localisation des
activités en Europe. Le dernier complément s'interroge sur la responsabilité des
institutions dans le retard de croissance à moyen terme de l'Europe par rapport
aux États-Unis.