Eloge de la colère : l'humeur colérique dans l'Antiquité et à la Renaissance

Eloge de la colère : l'humeur colérique dans l'Antiquité et à la Renaissance

Eloge de la colère : l'humeur colérique dans l'Antiquité et à la Renaissance
Éditeur: Hermann
2012446 pagesISBN 9782705682491
Format: BrochéLangue : Français

Cet essai retrace le parcours de la philosophie morale, de l'Antiquité à la

Renaissance, lorsqu'elle s'attache à mesurer le rôle de l'humeur colérique

dans le champ de l'affectivité. Les médecins de l'Antiquité, Hippocrate

et Galien, qui voient dans le déséquilibre humoral la cause des maladies

physiques et mentales, tiennent la colère pour responsable de graves

perturbations ; les moralistes exploiteront le savoir médical pour dénoncer

les dangereux effets de l'irascibilité, susceptible d'emporter jusqu'au délire

quiconque ne sait pas résister à cette impulsion. Dans le procès de la colère,

toujours enflammé, Aristote, sur les bancs de la défense, est son avocat

le plus ardent : elle est à ses yeux, comme l'assurait Achille, «beaucoup

plus douce que le miel». S'attachant à définir la logique des passions , il a

l'originalité d'arracher la colère au champ de l'irrationnel, en montrant

qu'elle peut prêter l'oreille à la raison, et il la tient alors pour l'alliée efficace

du courage et de la vertu.

On a prêté attention aux arguments d'Aristote lorsqu'il se dresse en

défenseur d'une juste colère, et à ceux des humanistes, comme Aubigné ou

Sponde, qui attestent qu'il est des fureurs légitimes : la colère qui «brûle

le foie» de Juvénal devant le spectacle des injustices est assurément juste.

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