Les sentes buissonnières

Les Sentes buissonnières
Amélie n'a qu'un rêve : devenir institutrice. Pas si
évident quand on est fille d'un garde forestier et qu'on
grandit au sein d'une fratrie de sept enfants. Mais
Amélie ne laissera rien s'immiscer entre elle et sa vocation,
pas même son entrée forcée à la filature de soie
pour couvrir les dettes de la famille. Rebelle, attachante,
déterminée, la jeune fille est prête à tout pour réaliser
son idéal de vie.
« Ton père serait fier d'avoir une fille
institutrice. Courage, Amélie, un jour
tu le verras sourire. »
- Je n'ai pas pour habitude de revenir sur mes décisions,
tu me connais, mon enfant ; pourtant, la vie est ainsi faite
quelle m'oblige aujourd'hui à t'infliger une injuste souffrance
et pour moi à renoncer à une grande fierté. Pour
des raisons que ton jeune âge ne te permettrait pas de comprendre,
je ne suis plus en mesure d'assurer pécuniairement
tes études...
- Mais j'ai une bourse, père !
- Insuffisante, ma fille ! On me trouve certainement trop
nanti avec mille francs de salaire annuel...
- Mais alors, papa ?
La voix d'Amélie s'étranglait dans sa gorge.
- Alors, alors chère petite, la sagesse me dicte mon devoir
de père et, crois-moi, c'est une déchirure. Demain, j'irai
voir à la filature Folcher si l'on peut t'embaucher, un salaire
de plus sera le bienvenu pour payer... la dette.