La doulou

Alphonse Daudet contracta la syphilis
très jeune, à l'âge de dix-huit ou vingt ans.
Cette maladie, à l'époque incurable, touchait
toutes les couches sociales et notamment les jeunes
bourgeois amateurs de liaisons amoureuses variées :
Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Jules de Goncourt,
tous ont été frappés. Dans ce texte bref resté longtemps
secret - il ne fut publié qu'en 1930, alors que Daudet était
mort en 1897 - l'auteur du Petit Chose et des Lettres de
mon moulin nous entraîne dans l'implacable parcours
du malade au fur et à mesure de l'aggravation des
symptômes. La douleur - doulou en provençal -
est atroce ; surviennent parfois quelques moments
de rémission ; puis la torture reprend. Composé
de notations brèves et percutantes, ce «journal
intime» rédigé de 1885 à 1895 est un
témoignage pudique et bouleversant
sur la douleur vécue au quotidien.
Julian Barnes a été fasciné par
ce texte, qu'il a traduit et fait découvrir
aux Anglais.