Les utopies à l'épreuve de l'art : Ilotopie

L'île ne faisait absolument pas partie de mon imaginaire. J'avais des mythologies de
citadin, d'urbain : l'espace, les grands fleuves, les forêts... J'avais beaucoup aimé la
Guyane, donc des imaginaires de grands espaces, assez sauvages. J'avais de vagues
idées sur les Somalies où je ne suis jamais allé. Il s'est trouvé qu'en descendant sur Arles
avec la péniche en venant de Paris...
Ce livre porte une double ambition. D'abord donner en partage l'expérience artistique
d'ilotopie à travers des textes de Françoise Léger et Bruno Schnebelin, ses codirecteurs
artistiques, et Éric Heilmann, artiste associé. Confronter ensuite cette histoire à la réflexion
de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, philosophe et dramaturge.
L'ouvrage passe au crible vingt-cinq ans de créations. Il raconte en texte et montre en
images les plus emblématiques d'entre elles. Il éclaire sur le contexte et les hypothèses
qui en ont été le terreau. Jean-Louis Sagot-Duvauroux interroge les thèmes, les formes,
les partis pris d'ilotopie à la lumière de sa propre réflexion sur l'art, la société, les utopies.
Le pas de côté effectué par le mouvement des arts de la rue, la singularité de la
proposition ilotopienne, ses frottements avec la vie quotidienne ou avec l'environnement
bouleversent la typologie habituelle de l'art telle que nous l'avons héritée de l'histoire
occidentale. Comme si les inventeurs de sens devaient en même temps se faire briseurs
de frontières.
Au-delà des informations qu'on y trouve sur ilotopie, Les utopies à l'épreuve de l'art
prennent ainsi la figure d'un manifeste où beaucoup trouveront matière à réflexion. Une
partie documentaire et chronologique donne une cartographie détaillée de l'aventure
d'ilotopie.