Camille Saint-Saëns, Jacques Rouché : correspondance (1913-1921)

Les relations de Camille Saint-Saëns avec les directeurs successifs des scènes lyriques parisiennes ont été bien souvent difficiles, voire conflictuelles. En Jacques Rouché, nommé directeur de l'Opéra de Paris à partir de 1913, il trouve au contraire un interlocuteur privilégié, franc et compréhensif qu'il va s'efforcer d'intéresser au sort de ses ouvrages. Allant sur ses 80 ans, Saint-Saëns éprouve le légitime désir de voir ses opéras remis à la scène, car, si Samson et Dalila est toujours l'un des piliers du répertoire, les autres sont délaissés en ce début du XX<sup>e</sup> siècle et le compositeur plaide donc leur cause avec insistance afin de leur assurer une postérité. Henry VIII, Étienne Marcel, Phryné, Ascanio, Proserpine, Hélène, Déjanire , le ballet Javotte , ou encore les cantates La Gloire et La Gloire de Corneille sont ainsi tour à tour évoqués au fil de la correspondance. Mais les 151 lettres échangées de part et d'autre entre la prise de fonction de Rouché en 1913 et le décès de Saint-Saëns en 1921 donnent également aux deux
hommes l'occasion de discuter des répertoires, des options de mise en scène, du choix des artistes, des difficultés amenées par les événements liés à la Première Guerre mondiale. Cette édition, présentée, annotée et complétée pour les périodes de silence ou de grands voyages par un appel à la correspondance avec les éditeurs et amis intimes du compositeur, est aussi pour le lecteur l'occasion de suivre les activités et la carrière de l'infatigable Saint-Saëns au cours des dernières années de son existence.