La réforme grégorienne : de la lutte pour le sacré à la sécularisation du monde

Au XI<sup>e</sup> siècle, sur fond de lutte acharnée entre le Pape et l'Empereur,
l'Occident connaît une révolution qui bouleversera à
jamais son visage : c'est la réforme grégorienne , inspirée du
nom du pape Grégoire VII, avec des effets qui durent encore
aujourd'hui.
Les réformateurs du XI<sup>e</sup> siècle veulent corriger les moeurs,
restaurer la discipline monastique et, de manière générale,
séparer nettement dans la société les clercs et les laïcs, au profit
des premiers. Ils conduisent à la querelle des investitures ,
marquée par des affrontements violents.
En voulant trancher la question de l'équilibre des pouvoirs
entre deux puissances à vocation universelle - l'Empire et
la Papauté -, la réforme grégorienne désacralise le pouvoir politique
et conduit à un profond renouvellement des élites d'Église.
Paradoxalement, en séparant le temporel du spirituel, elle
participe à son corps défendant à l'émergence d'un pouvoir
laïc à la tête des sociétés médiévales. Marquant à jamais la chrétienté
latine, l'oeuvre des papes Léon IX, Grégoire VII et
Urbain II constitue l'une des matrices du développement politique,
religieux et culturel européen.
La réforme grégorienne a fait l'objet de nombreux travaux
depuis un siècle, mais jamais aucun n'aura été aussi accessible
et aussi lumineux sur la façon dont ce lointain passé a
façonné notre présent.