Mémoire d'Alex

A huit ans Alex « vivait son dernier été d'enfance, juste le temps nécessaire pour comprendre l'irrémédiable »... l'exécution sous ses yeux de sa grand-mère par un soldat allemand.
Dès lors il ne supportera « plus d'être considéré comme un petit, au risque d'y perdre son plaisir, il refuse d'être rejeté, d'être à côté, absent des décisions... l'orage ne quittera jamais le paysage de son enfance ».
Une adolescence faite « de mystères, de voyages immobiles, de fugues calculées, de libertés inventées », puis la guerre sans nom où « lui-même n'était plus qu'un matricule classé dans un dossier d'indifférence » et c'est la vie d'adulte où l'on crie sa haine et son amour savourant « la joie d'être un salaud respecté, adulé et lâche ».
Alex a conscience de dériver « sur une banquise qui s'enfonce dans une mer bouillonnante » en quête de l'objectif fixé qui l'obsède, mais qu'il refuse d'atteindre !
Et pourtant la conclusion de cette confession haletante de passions, à l'écoute « des signes évidents des contraires », s'impose : « La vie est toujours juste si nous sommes sincères... vivre est une seconde chance. »