Le système africain de protection des droits de l'homme : un système en quête de cohérence

Depuis près d'une trentaine d'années, le système africain de
promotion et de protection des droits de l'homme enregistre
des développements tant sur le plan normatif que sur le plan
institutionnel. Plusieurs logiques orientent cette évolution.
Les unes permettent une adaptation aux exigences d'une amélioration
de la protection, tandis que les autres contribuent
plutôt à en réduire l'efficacité.
Ainsi, si la prise en compte de la vision ou des préoccupations
particulières du continent s'est traduite par la contextualisation
des droits universellement consacrés, la mise en relief
des devoirs et l'articulation particulière des droits des peuples
avec notamment le droit à l'autodétermination et le droit au
développement, le riche corpus normatif qui en résulte n'emporte
pas toujours un niveau d'adhésion satisfaisant des États.
Cette relative tiédeur bride le déploiement des mécanismes de
garantie qui s'efforcent de remplir convenablement leurs missions
malgré la contradiction de logiques qui a parfois présidé
à leur mise en place.
L'analyse sous l'angle de la cohérence permet d'explorer des
pistes de rationalisation du système en vue d'une plus grande
effectivité.