Vous seriez ce garçon

Rien n'aurait existé sans ces calculs que vous
me remettiez d'un geste vague, à croire que
n'avaient pesé ni les heures, ni les difficultés,
ni les solutions qui, déjà, ne comptaient plus.
Je les lisais la nuit même. Souvent je m'arrêtais,
les repoussais, comme on repose un livre à cause
d'une phrase que l'on comprend trop bien,
qui est presque une douleur, une brûlure.
En cours, je ne parlais que pour vous, n'abordais
de démonstration dont vous n'ayez d'abord découvert
le principe. J'interrogeais la classe, puis, très bas,
articulais votre nom.
Dans «la prépa» d'un lycée parisien,
l'éblouissement d'une femme, professeur
de mathématiques, face à l'un de ses élèves.
Vous seriez ce garçon est le récit fiévreux
de cette relation unique, fragile, nouée et dénouée
dans l'émotion de l'écriture.