L'introduction de la TVA en République démocratique du Congo : critique de la transition fiscale en Afrique

Le dimanche I<sup>er</sup> janvier 2012, la TVA est entrée en application en RDC, 48<sup>e</sup> État
africain à s'en doter. Dans un pays grand comme l'Europe de l'Ouest, cette
introduction a été une aventure sur dix ans de travaux au sein de la DGI congolaise,
sous le contrôle permanent d'un représentant du FMI.
Ce livre en fait le récit, révélant tout, des lieux, des hommes et du déroulement
de la réforme arrivée concrètement à 5600 assujettis avec l'objectif d'aller jusqu'à
15000, dans un pays qui compte pourtant 77 millions d'habitants.
Ce constat, ajouté surtout à celui de la difficulté à gérer le remboursement de
crédits d'amont trop importants, amène l'ouvrage à poser la question iconoclaste :
était-ce vraiment alors une nécessité que d'avoir une TVA ?
Certes les autres pays africains l'ont. Le modèle RDC de la TVA introduite,
s'inspire d'ailleurs largement de ce qui se fait sur le continent. Mais n'aurait-il pas
été plus efficace d'aller à l'audace d'une mutation de la technologie des droits de
douane, pour les rendre déductibles, au lieu de s'aligner sur la solution classique
de leur réduction et de leur suppression, avec en compensation l'introduction
précisément d'une TVA ?
C'est cette invention, où le droit de douane traditionnel du protectionnisme,
transformé en un crédit douanier remis à l'exportateur taxé par le pays importateur
qui l'a taxé, est utilisable par déduction sur le prix d'un achat effectué dans
l'économie de celui-ci par celui-là, que l'auteur propose. Remettant ainsi en cause
le paradigme fondant trente ans de politique fiscale du FMI : celui d'une transition
fiscale que devrait opérer les Etats Africains pour aller de leurs importantes
recettes douanières traditionnelles à supprimer, vers la triade du mainstream fiscal
planétaire avec un impôt sur le revenu, un impôt sur les sociétés et bien sûr la TVA.
S'il advenait que l'ouvrage et sa proposition soient suivis, ils auraient contribué
à écrire une page de l'intelligence économique des nations.