Ni héros, ni traîtres : les écrivains moldaves face au pouvoir soviétique sous Staline

Jeune historien moldave, Petru Negura s'est posé, avec cette étude,
un défi ambitieux. Il s'en explique : il étudie et cherche à comprendre
la relation des intellectuels à un pouvoir totalitaire, ici stalinien de 1924
à 1956. Il s'applique à cerner le processus de construction nationale, ici
moldave, sous une domination étrangère, russo-soviétique, en
l'occurrence. Enfin se portant vers le centre, Moscou, il s'interroge sur
la projection d'un modèle - le réalisme socialiste - vers une
périphérie... Sa République de Moldavie.
Ce défi d'intelligence est tenu. Le livre importe de par sa qualité
intrinsèque, densité et érudition, mais il y a plus. Ce texte porte un
décryptage de phénomène à la fois politique, social et culturel - la
soviétisation d'un espace entré dans le cadre de l'URSS, la rupture et
jusqu'où avec le passé - dont nous avons aujourd'hui besoin pour saisir
les faisceaux de complexité du présent. Quelle identité, quelle
modernité aujourd'hui pour la République de Moldavie ? Quels liens
avec Moscou et avec Bucarest ? Quel regard de soi-même à soi-même
?
Catherine Durandin