Fusion des races et instruction : exemple de la Martinique, 1830-1848

La prise de conscience de la problématique esclavagiste et la menace d'autodestruction
qui pèse sur la colonie semblent imposer une préoccupation de
sauvegarde de la colonie. Autour de cet objectif, s'élabore une stratégie en vue de
l'instauration d'une nouvelle société coloniale. Une stratégie de mutation de l'ordre
social autour de deux axes, à savoir la «fusion des races» et la «transformation
sociale de la population esclave».
Dès lors, quelles relations établir entre les préoccupations de politique coloniale
et un système éducatif qui, tout en s'édifiant au coeur de la société, porte l'empreinte
structurelle et idéologique de cette politique ?
À travers l'évolution du système éducatif, l'auteur analyse la politique des
autorités françaises, mais aussi les prémices d'une nouvelle et forte implication des
congrégations religieuses dans l'édification de la société, l'organisation et le contenu
du système éducatif.
Face aux exigences de la dignité humaine et aux événements politiques et
sociaux, la Monarchie de Juillet conduit la société martiniquaise et l'ensemble des
colonies de même nature, à travers une politique réformiste, à l'aube d'une nouvelle
époque post-esclavagiste et bouillonnante de l'esprit de 1789 et notamment de cette
soif légitime et inassouvie de liberté, d'égalité et de fraternité.