Le chevalier de Maison-Rouge

«- De qui donc parlez-vous, ma mère ? demanda Madame
Royale. Quel est cet ami ? Dites-moi son nom, que je le
recommande à Dieu dans mes prières.
«- Oui, vous avez raison ma fille ; ne l'oubliez jamais, ce
nom, car c'est le nom d'un gentilhomme plein d'honneur et
de bravoure ; celui-là n'est pas dévoué par ambition, car il ne
s'est révélé qu'aux jours de malheur. Il n'a jamais vu la reine
de France, ou plutôt la reine de France ne l'a jamais vu, et il
voue sa vie à la défendre. Peut-être sera-t-il récompensé,
comme on récompense aujourd'hui toute vertu, par une
mort terrible... Il s'appelle...
«La reine regarda avec inquiétude autour d'elle et baissa
la voix :
«- Il s'appelle le chevalier de Maison-Rouge...»
Paris, 1793. Alors que Marie-Antoinette se morfond à la
prison du Temple, ne se faisant aucune illusion sur le sort
que le Tribunal révolutionnaire lui réserve, on apprend le
retour du chevalier de Maison-Rouge. Courageux, intelligent,
mais surtout amoureux de la reine, l'homme est prêt à
tout pour la sauver. Bénéficiant de la complicité involontaire
de Maurice Lindey, jeune officier républicain de garde
auprès de Marie-Antoinette et lui-même amoureux de la
belle et très royaliste Geneviève Dixmer, le chevalier prépare
l'évasion de la reine.
Alexandre Dumas, dans cet excellent roman écrit en
collaboration avec Auguste Maquet, revisite une période
particulièrement sombre de notre histoire. C'est le marquis
de Rougeville, instigateur d'un bien réel complot qui visait
à faire évader la reine, qui lui donna l'idée du livre. Le
complot, déjoué, eut pour conséquence le durcissement des
conditions de détention de Marie-Antoinette...