Ceux d'Aulus : 1943-1945 : des Pyrénées ariégeoises à Buchenwald et aux fusées V1 et V2 de Dora

En 1943, ils ont dix-neuf et vingt ans. Voulant fuir le S.T.O.
et gagner l'Afrique du Nord, leur aventure s'achève en essayant
de franchir les Pyrénées. La déportation les attend : Buchenwald,
Nordhausen, Dora, Laura, ces noms cachent autant de rendez-vous
avec une mort annoncée.
Le héros central de ces pages, Jean Rieg, l'Auxerrois, permet
de découvrir la dernière génération des rayés. Après les best-sellers
des grandes voix de la Libération, d'autres ont attendu un demi-siècle
pour briser leur part de silence.
Ils étaient, en 1943, les J 3 des cartes d'alimentation. Dora
fut l'université dont leurs vingt ans portent la marque indélébile.
Ils lui doivent, sous le vernis de la réussite d'aujourd'hui, ce coup
de griffes rapide d'écorché vif qui permet aux chats efflanqués de
se tirer de toutes les gouttières de la vie.
Parmi eux, le cas de Maurice Eychenne fait figure de symbole.
Son corps volatilisé sous les bombes à quelques jours de la fin de
la guerre, nul n'entendrait parler de lui sans l'obstination de Jean
Rieg, son camarade du tunnel de Dora où se fabriquaient les terribles
V1 et V2. Le 11 novembre 1999, le nom de Maurice Eychenne
a été ajouté à la liste des «Morts pour la France» du monument
aux Morts de Pamiers, sa ville natale...