Des Grecs en Camargue : un exil entre sel et mer

C'est une page méconnue de l'histoire de l'immigration que des Grecs écrivirent en Camargue quand ils s'y installèrent au début du XX<sup>e</sup> siècle. Pour la plupart anciens pêcheurs d'éponges du Dodécanèse - et notamment de l'île de Kalymnos - chassés par la misère, ou habitants d'Asie Mineure persécutés par les Turcs, ils furent employés dans les salines à Salin-de-Giraud, village cosmopolite, appelé le « bout du monde ». Ils y cohabitèrent harmonieusement avec leurs « frères arméniens », des Italiens arrivés avant eux et d'autres venus de tous les horizons.
Sur le littoral camarguais, la mer reprend ses droits, la mondialisation a changé la donne industrielle, et tout un paysage physique et social subit une mue douloureuse et incertaine. Fils et petits-fils de saliniers partent chercher du travail ailleurs. Aussi devenait-il urgent d'évoquer la contribution des Grecs de Camargue à la prospérité du pays comme à la culture locale qu'ils ont fortement marquée. La leçon qu'ils rappellent à tous, c'est la formidable capacité des hommes à se reconstruire dans un milieu qui n'était pas le leur, à en adopter les valeurs, à s'y intégrer pleinement, sans oublier d'où ils venaient, ni renoncer à transmettre cette part étrangère qui était leur.
Le lecteur pourra passer librement des chroniques d'un quotidien coloré, chaleureux et rude, à l'analyse de la spécificité de la communauté grecque ou encore à un des « Parcours de vie » si romanesques et parfois si douloureux, représentatifs de tout exil avec ses souffrances et ses bonheurs.