Lettres illustrées de Vincent Van Gogh : fac-similés, 1888-1890

On croit connaître, mieux que n'importe quel artiste de la
fin du XIX<sup>e</sup> siècle, Vincent Van Gogh. Son oeuvre semble
aussi célèbre que sa vie, courte, tragique. Sa correspondance
nourrit les zélateurs du mythe, mais sa lecture demeure
incomplète. Une lettre sur cinq, de la période dite française,
parmi celles répertoriées, comprend un ou plusieurs dessins.
Cette publication pour la première fois en fac-similés
des lettres illustrées des années 1888-1890 révèle un document
inédit et singulier. Paradoxe étrange que celui de
l'histoire de l'art qui trop souvent a dissocié la substance
des lettres de Van Gogh des croquis qu'elles contiennent.
Cette édition, qui prend acte des dernières recherches
menées autour de la production épistolière du peintre,
rend à ces dessins et aux lettres mêmes leur bouleversante
matérialité. Journal affectif et moral, mais surtout
journal de la création, manifeste et testament artistique,
essaimé entre son frère Théo, et les peintres Bernard,
Signac, Gauguin, etc.
Vincent Van Gogh, qui affirme que «le dessin est au fondement
de tout», écrit à son ami Émile Bernard : «C'est
aussi intéressant de bien dire une chose que de peindre une
chose», poursuivant : «il y a l'art des lignes et des couleurs,
mais l'art des paroles y est et y restera pas moins». Ainsi,
lorsque le peintre dessine en écrivant, c'est d'un même élan.