Transalpina, n° 13. Fascisme et critique littéraire : les hommes, les idées, les institutions (2e partie)

Ce numéro de Transalpina (comme le précédent n° 12) prend en considération
la question de la critique littéraire durant le fascisme et celle des rapports que
le régime entretint avec les milieux académiques, universitaires et scolaires, ainsi
qu'avec le monde de l'édition. Il tente de reconstruire quelques-unes des principales
interprétations d'ensemble de l'histoire littéraire italienne et des théories générales
de la littérature qui s'affrontèrent alors. Il examine tout particulièrement les usages
qui furent faits de certains classiques italiens, lus comme des «prophètes» et des
«précurseurs» du fascisme. On y trouve l'analyse de plusieurs institutions qui
servirent de relais à la diffusion de la culture durant le Ventennio. Sont retracés
aussi les parcours de quelques personnages de premier plan de la vie culturelle,
ayant été des intellectuels «organiques» du régime ou au contraire des opposants en
exil ou de l'intérieur. Enfin, une partie de ce deuxième volume est consacrée à une
comparaison avec la situation d'autres pays européens (la France, l'Espagne, l'URSS).
Peu de travaux évoquent en France cet aspect de la culture italienne du
Ventennio. Or il s'agit là d'un aspect d'autant plus important que, au XX<sup>e</sup> siècle,
quelques-uns parmi les principaux chemins interprétatifs et paradigmes historiques
se sont constitués, ou consolidés, durant le fascisme. De sorte que lorsque l'Italie
républicaine s'interrogera sur les racines démocratiques de ses traditions culturelles,
il lui reviendra de combattre, ou de retourner, ces paradigmes et vulgates, mais
aussi parfois de les absorber, fût-ce de façon implicite.