Fables du château de Vêves

Un an déjà ! Pur hasard ou force du
destin, je me retrouvai par un bel
après-midi de juin au pied du château de
Vêves, en Condroz. Afin de mieux saisir la
perspective de ses tours, je rapprochai mes
pas d'un massif verdoyant. Alors m'apparut
un chemin. J'ignore ce qui me poussa à
m'y aventurer. La bonne centaine de mètres parcourue
m'amena près d'une petite maison, jusque-là cachée à mes
yeux par le raidillon. Sur un banc de bois, déposé près de la
maison en pierres du pays, était assis un chat. Roux, tout
comme Caton, Judas Iscariote ou Vivaldi, il m'observait de
ses yeux couleur jade. Tiraillé entre mon indiscrétion et
ma découverte, je fis deux pas de plus, m'attendant à tout
instant à le voir fuir et à recevoir la juste invective des
propriétaires des lieux, lorsqu'une voix m'interpella :
- Je t'attendais.
Je restai pétrifié. Le chat m'avait parlé !