Le mystère Mario Monti : portrait de l'Italie post-Berlusconi

Au crépuscule du règne de Silvio Berlusconi, un homme
est tombé du ciel pour prendre les rênes de l'Italie, à la
fin de l'année 2011 : Mario Monti.
Personne n'avait vu arriver l'ancien commissaire européen
mais depuis que le président Giorgio Napolitano lui a confié les
clés du palazzo Chigi, siège du gouvernement, «Il Professore»
de la Bocconi de Milan est considéré par beaucoup, hors de la
Botte, comme le sauveur de la zone euro, simplement parce
qu'il réforme le pays le plus endetté du vieux continent après la
Grèce à une vitesse inédite, à coups de plans de rigueur et de
libéralisations. Qui est-il vraiment ? D'où vient-il ? Quelle est sa
pensée économique ? A-t-il une vision politique ? Obtient-il des
résultats ? Et que deviennent les corps intermédiaires, patronat
et syndicats, dans cette drôle de parenthèse démocratique ?
Guillaume Delacroix raconte de l'intérieur la seule transition
d'Europe opérée sans recours au suffrage universel. Il dresse
le portrait sans complaisance d'un technocrate gendarme qui
prétend s'attaquer aux corporatismes mais qui a déjà renoncé
à aller au bout de ses promesses. Le portrait, aussi, d'une Italie
éreintée par bientôt vingt ans de berlusconisme, en quête
désespérée de croissance, les yeux rivés sur les taux des bons du
Trésor et obnubilée par le modèle allemand. Avec, en embuscade,
une classe politique toujours éclaboussée par les affaires, à la fois
tétanisée et prête à tout pour remonter sur scène.