Les Vampires : éliminations et sabotages : Résistance, 1943-1945

Novembre 1942, la Wehrmacht envahit la zone libre,
entraînant de fait l'implantation des services de police et de
répression allemands au sud de la Loire. Ceux-ci ne peuvent trouver
une véritable efficacité sans le concours du régime de Vichy. Ainsi, des
Français sans vergogne, agents de la Sipo-SD ou de l'OPA, miliciens,
collaborateurs de tout poil aux motivations souvent plus vénales
qu'idéologiques, deviennent les auxiliaires zélés de l'occupant.
Pour la Résistance, dont les bases sont déjà solidement établies,
le pouvoir de nuisance de ces traîtres représente un danger capital.
Dans la région clermontoise, Émile Coulaudon, futur commandant
des FFI d'Auvergne, décide de former une unité spéciale en charge
des éliminations de «collabos». Créé à partir du groupe sédentaire
rassemblé par Lucien Blanchet, le corps franc des Vampires s'organise
progressivement et devient opérationnel.
Exécutions et sabotages spectaculaires sont le quotidien de ces
combattants de l'ombre qui, pour parvenir à leurs objectifs, doivent
régulièrement infiltrer les informateurs de l'ennemi et fréquenter
la pègre locale. Entraînés par des chefs inflexibles comme Bernard,
Cristal ou Carpentier , les membres du corps franc prélèvent le
tribut du sang et instaurent un climat de psychose chez certains
collaborateurs. Traqués tant par la police de Vichy et la Milice que
par les services allemands, ils rendent coup pour coup dans la lutte
sans merci qui s'est engagée.
Loin des combats glorieux du mont Mouchet ou de la Truyère,
les Vampires vont ainsi écrire une des pages les plus délicates et
méconnues de la Résistance.