Il n'y a de richesse que d'hommes

«Il n'y a de richesse que d'hommes», écrivait au XVI<sup>e</sup> siècle Jean
Bodin. Mais que peuvent les hommes, aujourd'hui, face à la mondialisation,
ce «désordre international» qui enfonce dans la misère les
peuples démunis et met chaque jour notre planète à la merci de
désastres écologiques ?
«La seule querelle qui vaille, observait Charles de Gaulle, est celle de
l'Homme. C'est l'Homme qu'il s'agit de sauver, de faire vivre et de
développer.» L'Occident l'aurait-il oublié ? Et si la société de consommation
avait fait son temps ? S'il nous fallait d'autres éclaireurs sur les
«mille chemins de l'avenir» ? Si l'Afrique détenait le secret du bonheur,
le goût des choses simples et vraies ? Si sa quête de l'«homme
nouveau» devait être prise au sérieux ? S'il nous fallait «réenchanter»
le monde ? Si la pauvreté portait en elle sa propre richesse ?
De tels changements requièrent une aptitude à de fortes remises en
cause. Les peuples d'Afrique sont là, qui tendent les bras, faisant
l'offrande de leurs valeurs : une autre façon de vivre, une autre manière
d'établir des rapports avec notre environnement humain et naturel.
Pourquoi redouter l'avenir ? Parce qu'ils sont à la croisée des chemins,
les femmes et les hommes d'Afrique peuvent, s'ils le veulent, rompre
avec la fatalité. Ils peuvent bâtir des communautés aptes à l'épanouissement
de tous.
Le temps des Terres promises est devant nous. Le monde change ?
Changeons le Bénin. C'est ce à quoi nous invite Adrien Houngbédji.