La baronne Pointe-de-Gueules

«Quand je rencontrai Gabrielle Vanhoeck, écrit Thimothée,
journaliste au Petit Journal , je ne savais pas comment elle était
devenue baronne Pointe-de-Gueules et qu'elle m'autoriserait à
écrire sa vie.»
Rien ne laissait prévoir qu'elle irait de la fabrique d'Armentières,
où elle travaille dès l'âge de huit ans, à une maison close de
Paris après avoir vécu, à Lyon, la révolte des canuts. Quand un
baron l'achète à la maîtresse du bordel, elle a seize ans et est loin
d'imaginer qu'elle participera, d'Angleterre en Australie, à un trafic
dont «la marchandise» est un lot de bagnards anglais, et qu'elle
suivra Lola Montes, chassée de Melbourne à Sydney à cause de la
lascivité de ses danses. Elle n'était pas davantage destinée à parader
aux fêtes de la cour de Napoléon III, à devenir infirmière pendant
le siège de Paris, à prendre la parole dans un club révolutionnaire
préparant la Commune. Elle sera enlevée et monnayée par des
indépendantistes irlandais, se retrouvera à Berlin en espionne pour
élucider le mystère des «larmes de Bismarck» et jouera un rôle
dans «l'affaire des poteaux» organisée par le général Boulanger
afin de reprendre l'Alsace et la Lorraine dès 1875. De son vieil ami
Flaubert au jeune Barrès, de Khalil Bey l'ambassadeur turc à Home
l'Américain qui fait parler les morts, du prince Napoléon à Déroulède
et sa Ligue des patriotes, tout ce qui est des arts, de la littérature, de
la presse et de la politique se retrouvait dans son salon.
Les multiples facettes de Pointe-de-Gueules sont celles d'un
XIX<sup>e</sup> siècle qui retient le passé et se voit déjà dans le XX<sup>e</sup>.
Un roman historique palpitant. Une fête des mots et de l'esprit.