Charivaris en Gascogne : la morale des peuples du XVIe au XXe siècle

Au temps où les solidarités communautaires
s'exprimaient avec éclat, toutes les grandes étapes de la vie
des individus étaient ainsi soumises à la vigilance collective.
Le charivari qui sanctionnait les remariages et les unions mal
assorties, était inspiré à la communauté par le souci de
préserver son équilibre démographique et moral. Mais les
États et les Églises, pour qui il était un concurrent ancien et
redoutable, tentèrent de remplacer cette tradition populaire
orale par des codes et des lois écrites. Pourtant sa vigueur est
encore attestée sous des formes diverses - théâtre, chansons,
mascarades - dans les Pyrénées et en Gascogne. Là, un
environnement culturel bien préservé, une certaine
permanence familiale et sociale lui ont permis d'échapper à
ses adversaires et au temps.
25 ans après la première publication de cet ouvrage,
l'auteur a souhaité reprendre l'enquête orale conduite dans
les mêmes conditions qu'en 1982. Le constat est sans appel :
le charivari appartient désormais au passé. Les vérités de
l'Histoire sont contingentes, ses conclusions provisoires. À
l'heure du PACS, de l'union libre, du divorce, le couple
monogame stable, le mariage, institutionnalisé par les
Églises et l'État n'est plus une norme impérative, mais un
libre choix ; il est sorti de la sphère publique pour entrer
dans celle du privé. Les pessimistes concluront au triomphe
de l'amoralité dans la société contemporaine. Les réalistes,
instruits par l'Histoire, rechercheront les causes de la
transition et les nouveaux codes qui s'inventent tous les
jours sous nos yeux. Toujours promise, annoncée, la fin de
l'Histoire n'est pas pour demain...