Damoclès, Thomas Couture

Dans un bref récit des Tusculanes (V-XXI),
Cicéron met en scène Damoclès, un courtisan
envieux du bonheur de Denys l'Ancien, tyran
de l'antique cité grecque de Syracuse.
Afin de lui faire connaître la crainte ressentie
par celui qui détient richesse et pouvoir.
Denys invita Damoclès à un fastueux banquet
et fit suspendre une épée au-dessus de sa tête.
Thomas Couture livre dans son tableau
une interprétation peu orthodoxe du sujet.
Menacé par une paire de ciseaux,
mélancolique et enchaîné, Damoclès n'est
autre qu'une représentation du peintre
lui-même, victime de la censure et déçu
par un régime, le Second Empire, qu'il a
pourtant voulu servir. Il faut aussi voir dans
cette sorte d'autoportrait moral, mal accueilli
par la critique lors de son exposition
au Salon de 1872, le testament d'un artiste
qui combat le réalisme et les nouvelles
orientations picturales de son temps.