Une histoire populaire du 13e arrondissement de Paris : "mieux vivre ensemble"

Dans cet arrondissement de Paris, les classes populaires sont apparues dès
l'Ancien Régime. Leur composition et leur évolution ont beaucoup dépendu
de la géographie des lieux. Leur diversité s'est ancrée dans l'espace. Celui-ci
conserve leur mémoire à travers l'urbanisation, quartiers modestes et habitat
social, rues et parcs, commerces et écoles, grands sites industriels transformés
mais dont les noms restent évocateurs. Les cités qui ont reçu des vagues
migratoires successives jouxtent les immeubles en briques rouges ornés de
céramiques abritant classes populaires et classes moyennes. Ils perdurent
aux côtés de récentes opérations de standing. Le lien social y fut imprégné
de charité pour cette «classe laborieuse» et de répression pour cette «classe
dangereuse».
Nous avons parcouru le quartier de Maison-Blanche et y avons découvert
un nouveau lien social, volontariste, porté par les institutions et les associations
pour le «mieux vivre ensemble». Il s'est construit autour de spectacles, fêtes
de quartier, défense des droits, assistance et rencontres. Il a révélé des identités
multiples et changeantes, plus sociétaires que communautaires et, chez les
jeunes sans travail régulier des cités, une conscience en construction. Mais
cette proto-conscience est proche d'un «autisme social», sans discours et sans
projet, d'un repli face aux discriminations, au chômage, à la répression policière
et aux situations familiales souvent difficiles.
Cet ouvrage fera découvrir la construction d'un arrondissement de Paris et
ces nouveaux rapports sociaux entre classes populaires et classes moyennes.