Enfer ou paradis : aux sources de la caricature, XVIe-XVIIIe siècles

Des calvinistes représentés en singes... Un pape d'enfer à la mine d'épouvante...
De flegmatiques réformateurs arrivant en enfer... L'Eglise métamorphosée en
grande prostituée de Babylone...
Dès les années 1520, protestants et catholiques s'affrontent à travers des images
satiriques d'une rare virulence. Celles-ci sont principalement véhiculées par une
arme redoutable : l'estampe. Elles consistent à ridiculiser et diaboliser le camp
adverse, associé à l'enfer. Leur répertoire, inspiré par les drôleries du Moyen
Age, se fixe à l'époque même de Luther et subira peu de variations jusqu'au
siècle des Lumières. C'est à cette saison satirique qu'est consacré le catalogue
de l'exposition Enfer ou paradis. Introduit par une évocation des antécédents
médiévaux, il se focalise d'abord sur le problème de l'image, puis sur le dogme
et le rituel, enfin sur la question de l'individu, en mettant en évidence l'essor
progressif de la caricature. En conclusion, il s'interroge sur les rares images de
la tolérance religieuse.