Suive qui peut

Devenus adultes, Will, Hand et Jack n'ont pas renoncé à leurs
rêves d'enfants. Une grosse somme, trop facilement gagnée, va
les aider à les réaliser. Mais Jack meurt accidentellement et
l'argent, qui n'a pas réussi à le sauver, brûle les doigts des survivants.
Ils cherchent un sens à cette vie qui reste : ils vont soulager la
misère du monde. Mais ils ne disposent que d'une semaine. Ils
foncent autour de la planète en distribuant les billets, pas tout
à fait au hasard. Ils se heurtent partout. À tout. Sous l'oeil de la
mort, prête à fondre sur sa proie avec la soudaineté qu'elle a
mise à se saisir de Jack. Pourtant ils avancent, ils n'arrêtent pas
de courir. Suive qui peut.
Dave Eggers a réussi un grand livre sur l'absurdité de l'existence
et des rapports aux autres. Derrière les cocasseries du récit, se dresse
un deuil immense, et devant, un vide infini. Tout de même nous
rions. Aux larmes.
P. C.