L'homme sans com'

François Hollande, une fois élu président de la République,
a choisi de privilégier la politique sur le spectacle, le fond sur
la forme, le temps long sur le temps court. Il fait aujourd'hui le
pari que la raison et les résultats finiront par emporter l'adhésion
des Français, dont la défiance n'a pourtant jamais été aussi
grande vis-à-vis des gouvernants. Ce faisant, il oublie que la
conviction est affaire d'expérience, de moment, de relation.
La communication ne se réduit pas à l'explication. C'est un
métier d'écoute, de langage, de contact. La sagesse ou l'audace
d'une décision ne suffisent pas à captiver l'opinion. Seules
sont remarquées les réactions, les paroles ou les postures qui
sonnent juste. À trop ignorer les ressorts de l'attachement,
l'homme sans com' s'expose à perdre son pari, quand bien
même sa politique tiendrait ses promesses.
Denis Pingaud décrypte pour nous les erreurs et les manques
dans la communication du début du quinquennat de François
Hollande qui expliquent, pour une part, son déficit de popularité.
Dans un entretien exclusif, le Président répond à l'auteur
et explique, pour la première fois, son analyse personnelle de
la communication, les ajustements qu'il a opérés depuis son
élection et sa vision du dialogue avec le pays.