Les garibaldiens de 14 : splendeurs et misères des Chemises rouges en France de la Grande Guerre à la Seconde Guerre mondiale

Créée officiellement le 5 novembre 1914 sous le nom de 4e régiment de Marche du 1er
régiment de la Légion étrangère et dissoute le 5 mars 1915, la légion garibaldienne ne
vécut que cinq mois. Mais elle sut se couvrir de gloire en Argonne et ses volontaires,
autour des petits-fils de Giuseppe Garibaldi, furent de véritables héros. Qui étaient ces
garibaldiens de 14 ? D'où venaient-ils ? Pourquoi firent-ils l'objet d'une instrumentalisation
positive et négative à une époque où la France et l'Italie n'étaient pas encore
des alliées ? Que devinrent-ils par la suite et quel fut leur cheminement jusqu'à la
Seconde guerre mondiale, pris dans le tourbillon de l'Entre-deux-guerres, entre
l'engagement anti-fasciste et la récupération fasciste ?
Les archives françaises et italiennes, politiques, diplomatiques et militaires, les
quotidiens de l'époque, les représentations iconographiques apportent quelques
éléments de réponse et permettent de cerner cet épisode de la Grande Guerre qui
connut un prolongement jusqu'à la Seconde guerre mondiale. Mais en 1939-1945,
l'image des garibaldiens de l'Argonne fut bien différente de celle de 1914-1918. Il s'était
passé quelque chose, il y avait eu une rupture, un brouillage, une remise en question
de l'héritage garibaldien, entre un garibaldisme de droite crypto-fasciste, et un
garibaldisme de gauche anti-fasciste. Pourquoi ? Comment expliquer ce glissement
qui ternit la réputation des Garibaldi et à travers ces derniers, celle des garibaldiens de
l'Argonne, qui, en 1914 et au lendemain de la Grande Guerre avaient été adulés,
célébrés et portés au pinacle ? En d'autres termes, comment apprécier les splendeurs
et les misères de ces Chemises rouges en France dans le premier XX<sup>e</sup> siècle ?
Ce livre tente de présenter sous un éclairage nouveau à l'aide de sources inédites cette
aventure des garibaldiens de l'Argonne, aventure qui s'inscrit dans la continuité de la
geste garibaldienne risorgimentale et qui se trouve à la croisée de l'histoire militaire et
des mentalités.