Haro sur les parlements (1787-1790) : anthologie critique de pamphlets contre les parlements d'Ancien Régime

Ni genre mineur, ni part sombre des Lumières, la littérature pamphlétaire a
longtemps souffert d'un discrédit et d'une négligence historiographiques tandis
qu'elle a pourtant fait l'opinion et l'événement. Instruments formidables de la liberté
d'expression, les pamphlets sont le journalisme politique mais aussi la mauvaise
foi par excellence et la dénonciation, moteur le plus créateur de toute révolution.
À la veille du grand ébranlement de 1789, cet art de commenter, d'expliquer et de
diffamer s'est mis au service d'une actualité soudainement accélérée.
Le pouvoir royal qui depuis des décennies avait stipendié des plumes afin de saper
les prétentions législatives des parlements jusqu'à les anéantir provisoirement lors
de la Révolution du chancelier Maupeou (1770-1774), a poursuivi son oeuvre à partir
de ses dernières tentatives de réformes entre 1787 et 1788. Sa contribution absolutiste
à inscrire le monde parlementaire sur le tableau noir des impérities chroniques de la
société politique s'est vue dépassée par la recomposition extraordinaire de l'automne
1788 puis par le basculement fatal de mai-juillet 1789.
Parangon d'une fiction d'un régime monarchique partageur de la puissance
souveraine et donc exempt de toute accusation de despotisme, les parlements ont été
les premières victimes expiatoires de la Révolution.
Cette anthologie critique et dynamique de vingt-cinq pamphlets rend compte
de l'acharnement médiatique dont ont été victimes les cours souveraines et leurs
magistrats, de Paris et de province. Elle nous entraîne au coeur de l'histoire des
institutions politiques et judiciaires de l'Ancien Régime au gré des fluctuations
idéologiques entre 1787 et 1791 ; elle nous plonge au coeur d'un véritable folklore
politique aux références foisonnantes qui représentaient la culture des auteurs et par
conséquent l'apprentissage de celle des lecteurs.
Haro sur les parlements ! C'est enfin une histoire inédite de la fin des parlements dont
la légende noire suppose nombre d'interrogations sur ce que l'on peut appeler «le
parlementarisme d'Ancien Régime», une sorte de maladie infantile de l'absolutisme
français.