Thérèse de Lisieux : l'invention d'une extase

«Vous m'avez expliqué la vie du Carmel qui me sembla bien
belle ! En repassant dans mon esprit tout ce que vous m'aviez
dit, je sentis que le Carmel était le désert où le Bon Dieu
voulait que j'aille aussi me cacher...
[...] Ce n'était pas un rêve d'enfant qui se laisse entraîner,
mais la certitude d'un appel divin ; je voulais aller
au Carmel non pour Pauline mais pour Jésus seul...
[...] Mère Marie de Gonzague crut à ma vocation, mais elle
me dit qu'on ne recevait pas de postulantes de 9 ans et qu'il
faudrait attendre mes 16 ans...»
Ainsi écrivait Thérèse Martin devenue Thérèse de Lisieux.
Philippe Borrini donne ici un témoignage poignant sur la
sainte et sa vocation, sur la manière dont s'invente intérieurement
l'extase mystique. Il témoigne aussi fortement de
sa relation à Thérèse et de sa propre démarche spirituelle.
Il y a quelque chose du Dialogue des Carmélites de Bernanos
dans l'amitié née à travers le temps et l'espace entre
Thérèse Martin et Philippe Borrini.
Il y a quatre cents ans, les Carmélites déchaussées,
appuyées sur la pensée de Thérèse d'Avila et de Jean de la
Croix, s'installaient en France. Philippe Borrini montre
combien la contemplation carmélite est un message de vie et
d'espérance pour aujourd'hui, pour notre monde tel qu'il ne
va plus.
Notre crise est dans l'homme. Sa réponse aussi. La grande
force du livre de Philippe Borrini est de dire cela.
Et de le dire pour maintenant.