La philosophie de Beccaria : savoir punir, savoir écrire, savoir produire

La philosophie de Beccaria est
la première étude en langue
française consacrée à l'ensemble
de l'oeuvre de Cesare Beccaria
(1738-1794).
Comme Des délits et des peines est sans aucun doute l'acte fondateur de la
justice pénale moderne, Philippe Audegean consacre trois chapitres à la
philosophie pénale de Beccaria. Il y trouve une théorie de l'homme, une
théorie de l'histoire et une théorie du droit : c'est au nom du souci tout
humain de l'utile et dans le contexte des passions adoucies du monde
moderne que la justice doit fonder son action sur le principe des
moindres maux possibles.
L'enquête s'élargit alors et se porte sur «l'autre Beccaria», auteur moins
connu d'un traité du style et d'un cours d'économie. Double intérêt de
ces oeuvres importantes, qui permettent de mieux comprendre le chef-d'oeuvre
de jeunesse du philosophe milanais, et apportent aussi une
contribution originale à l'empirisme des Lumières et au libéralisme
naissant.
Renouvelant par ses thèses et sa méthode l'intelligence des Lumières
réformatrices, cet ouvrage propose une interprétation globale de la
philosophie de Beccaria, qui entendait non seulement réformer deux
des principaux savoirs de son temps (droit pénal et rhétorique), mais
aussi contribuer à la formation d'un nouveau savoir (économie
politique).
C'est ainsi une nouvelle dialectique des Lumières qui apparaît.