Des noms et des gens en guerres. Vol. 2. De la Seconde Guerre mondiale aux génocides : 1939-1945

Des noms et des gens en guerres. Vol. 2. De la Seconde Guerre mondiale aux génocides : 1939-1945

Des noms et des gens en guerres. Vol. 2. De la Seconde Guerre mondiale aux génocides : 1939-1945
Éditeur: L'Harmattan
2013273 pagesISBN 9782336291772
Format: BrochéLangue : Français

Il y a eu, pour nous Français, la Résistance, ses maquis et ses réseaux, les FFI et

les FFL, puis les FFC et ses troupes africaines, les armées anglaise, américaine,

russe et autres : beaucoup de héros, plus encore de victimes, des dévouements, des

souffrances, de la grandeur, des Justes... Et les noms ont été nombreux pour désigner

et qualifier tous ces gens, dans leur anonymat ou leur identité, leur «gloire». Bien

des «valeurs» les accompagnent encore. Mais, plus que tous les massacres du

passé, dont celui de la «der des ders» et ses millions de morts, la Seconde Guerre

mondiale aura surtout marqué, de ses violences inhumaines, notre vocabulaire. Des

drames vécus pendant ces «années noires», entre les expansionnismes brutaux,

les génocides, et l'effondrement du Reich et du Japon sous le martèlement des

«Alliés», si inhumain lui-même (qu'on pense à Dresde et Hiroshima), on parlera

encore longtemps, avec les mots qui les ont signés : fascisme, fasciste, nazisme,

nazi, hitlérien, Gestapo, collaboration, collabo, milicien, race, raciste, antisémite,

totalitaire, tortures, rafle, déportation, concentration, extermination, camps de la

mort, chambre à gaz, holocauste, Shoah...

Venus d'autres lieux, l'usage a commencé à charger d'une lourde histoire les

noms de colonialisme, ratonnade, nettoyage, pacification, normalisation, stalinien,

aveux, Guépéou, goulag, etc. Ces héritages ont marqué de connotations sinistres

tout un pan de notre lexique politique. Que faire avec ces «mots coincés dans un

enfer», ainsi qu'Eluard les nommait : solution finale (Goering, 1939), traitement

spécial (Heydrich, 1939), personnes déplacées (Himmler, 1941), Nuit et Brouillard

(Keitel, 1941), SA, SS, Einsatzgruppen...

Le pire, dans l'horreur qu'ils évoquent, est bien que la langue serve là non

seulement à dire la haine mais aussi à cacher la volonté de mort qui l'habite. Nous

héritons de cette déshumanisation des noms, et nous nous devons de l'exorciser. En

les taisant ou en les criant ?

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