Sur le bassin d'Arcachon à l'époque de Napoléon III

Échancrure à mi-chemin sur la côte landaise, la baie ou Bassin d'Arcachon
connaît une vie rurale mâtinée d'activités maritimes. Ce secteur des
landes attirait alors les convoitises des physiocrates. Tous leurs essais ont
échoué. C'est dans ce contexte qu'est née Arcachon, le 2 mai 1857. La
chance que refusait la terre est venue de la mer : bains, ostréiculture, pêche.
Arcachon - et c'est son originalité - y joint les soins aux tuberculeux et
les cures de repos.
La ville est ainsi née au coeur des landes comme enkystée en milieu
rural et marin, ville de loisirs où l'immobilier fait la loi, attraction touristique
montée par les frères Pereire créateurs de la Ville d'Hiver, ville nouvelle
vantée par les affiches ferroviaires de la Compagnie du Midi, ville
impériale née de l'Empire, favorisée par l'Empire. Elle continuera longtemps
après à attirer pêle-mêle visiteurs et malades «de distinction» dans
une atmosphère de «belle époque» et de services tous azimuts où se mêlent
une nombreuse domesticité, des soins à la personne, les boutiques de
luxe, les artisans et les marchés, les plaisirs de la mer, les fêtes et bals au
Casino.
Arcachon, ville surgie des sables et des pins n'avait alors pour repères
et mémoire que quelques bains, de rares résidences et une chapelle de pèlerinage.
Son quotidien restera étranger à la lande qui l'environne.