L'islam, un et pluriel, aux débuts du XXIe siècle : pour une confrontation qui vise à la cohabitation des différences

Pour bien des gens, arabe, musulman, islamiste, intégriste, terroriste sont des synonymes. Les medias nous parlent continuellement de prises d'otages, d'exécutions d'innocents, de kamikases de voitures piègées etc. Quand on découvre que les auteurs de ces crimes ont l'Islam comme dénominateur commun, on en déduit que cette religion est à la base de ces attentats, sinon la source de ces violences. Il faut avouer que certaines tentatives de justification ne font que renforcer cette opinion.
Pour les peuples d'occident habitués à une conception de la religion plutôt réservée à la sphère personnelle, l'Islam est difficile à comprendre. C'est une religion, mais aussi une communauté. de foi et de témoignage basée sur les «piliers de l'islam » allant de la prière rituelle, au jeûne du ramadan, au pélerinage à La Mecque. Bien qu'il s'agisse d'obligations individuelles, elles revêtent une valeur sociale d'identification. L'idéal de l'Islam est un État supranational fondé sur le Coran, mais certainement pas un État compris dans le sens moderne et habituel du terme, encore moins un État laïc.
C'est aussi une religion sans clergé, sans autorités qui aient le pouvoir d'interpréter le Coran. Les mutfis, cheikhs et imams remplissent des fonctions hiérarchiques qui assurent quelques services religieux et administratifs. Mais il n'existe ni pape, ni concile, ni assemblée qui puisse interpréter le Coran.
Le dialogue dans ces conditions est-il possible ?