Bombardement et libération de la poche de Royan : 12 septembre 1944-17 avril 1945

R oyan tombée par terre, c'est la faute à la guerre , aurait pu chanter
un gavroche royannais, grimpé sur les ruines de sa ville écroulée.
Dans la nuit du 5 janvier 1945, 350 bombardiers anglais ont anéanti
la cité. Pourquoi ? Le mystère s'éclaircit. Ce bombardement est une
des péripéties, la plus tragique, de l'histoire invraisemblable de la
«poche de Royan». En septembre 1944, les troupes allemandes en
plein repli, s'enferment dans Royan, forteresse du mur de l'Atlantique,
avec l'ordre de tenir jusqu'au bout. Commence alors un improbable
huis clos entre les occupants dont le moral s'effiloche, les civils, s'appliquant
à survivre, les résistants de l'intérieur et les FFI, dont certains
éléments sont incontrôlables. Lorsque le haut commandement s'en
mêle, il s'emmêle. Malchance et négligences s'accumulent et les opérations
prévues tournent à la catastrophe inutile. L'histoire s'achève
en avril 1945, à quelques semaines de la reddition de l'Allemagne, par
une libération tonitruante qui permet l'expérimentation des premières
bombes au napalm. Ultime avatar, le pillage de la ville par certains
libérateurs, nettoyant la poche avec trop de zèle. Pendant ces quelques
mois, beaucoup d'habitants de cette «zone rouge» firent preuve de
courage et de solidarité, de patience, d'ingéniosité et parfois même
d'un certain sens de l'humour, bien que la liste des morts s'allongeât.
Ce récit leur rend hommage.