L'Europe aux cent drapeaux : essai pour servir à la construction de l'Europe

Après l'une des plus grandes épreuves de son histoire,
l'Europe en est à se chercher. Elle n'a pas réussi à réaliser son
unité politique ; l'harmonisation des structures économiques,
sociales, financières et juridiques des unités étatiques qui la
composent n'en est qu'à ses balbutiements. On peut donc se
demander si une fédération européenne pourra se construire
à partir des États-nations d'aujourd'hui. Yann Fouéré n'hésite
pas à répondre non.
La «troisième Europe», dit-il ne pourra naître que de l'effacement
des actuels États-nations souverains, communs diviseurs
de l'Europe et legs attardé du XIXe siècle : ces grandes
formations étatiques - France, Espagne, Italie, Belgique, Grande-Bretagne,
Russie ... - doivent être divisées. Aussi démonte-t-il
les mécanismes philosophiques, politiques et institutionnels
sur lesquels elles reposent, en fait ressortir l'artificialité et la
malfaisance, décrit leur évolution fatale vers le totalitarisme et
les «fascismes» de droite ou de gauche, attaque autant les
jacobins de l'Europe, apôtres du super-État inhumain et monstrueux,
que les défenseurs attardés des stato-nations, héritiers
des mêmes erreurs.
En spécialiste de l'histoire et de la science politique, il
analyse les conditions physiques et techniques, et les impératifs
d'équilibre institutionnel qui sont nécessaires à la réussite
des fédérations. Entre la régionalisation et le morcellement
politique de l'Europe d'une part, et son union au sein d'un
grand ensemble économique et politique d'autre part, il n'y a
pas de contradiction... Le plaidoyer de Yann Fouéré pour une
société européenne «grandeur nature», pour une fédération
européenne fondée sur les Régions-États, abonde en vues
originales. La «troisième Europe», celle des peuples et non
celle des États, existe déjà en puissance : il suffit de la libérer.
Militants européens et militants «régionalistes» sont solidaires
dans ce «crime à commettre».
Mais il ne s'agit de crime qu'aux yeux des États-nations.
Pour les peuples, c'est une libération, la seule qui puisse ouvrir
à l'Europe et à ses collectivités originales les portes de l'avenir.