Mourir aux fleuves barbares : Arthur Rimbaud, une non-biographie. Petit glossaire historique de l'Abyssinie. Une brève chronologie d'Arthur Rimbaud

Novembre 1891 : dans sa chambre d'hôpital à Marseille, le
poète et marchand d'armes Arthur Rimbaud va mourir. Depuis
1880, en Abyssinie, au coeur des conflits tribaux et coloniaux de
la corne de l'Afrique, il a choisi la vie la plus dure et la plus dangereuse
qui soit. «Parce qu'il faudra que je m'en aille, très loin,
un jour», avait-il déjà annoncé, des années plus tôt, dans Une
Saison en enfer , bouleversant avec ce texte l'histoire de la littérature.
Mourir aux fleuves barbares est le récit de ces dix ans, à Aden,
à Harar, à Tadjourah : commerce, chameaux, caravanes, désert,
livraison d'armes et de cotonnades, chaleurs implacables, souffrances...
Le livre, après ceux d'Alain Borer, redit avec force ceci
: il n'y a pas deux Rimbaud, contrairement à ce qui trop longtemps
a été dit. Il faut s'obliger à voir (enfin !) à quel point
l'Afrique travaillait déjà l'oeuvre poétique.
Chronique au présent d'une mort annoncée utilisant avec justesse
des textes extraits de l'oeuvre ou de la correspondance,
enquête fouillée s'appuyant sur les travaux historiques les plus
récents, multiplication des points de vue des proches d'Arthur, sa
mère, ses soeurs, l'employeur Bardey, le jeune gouverneur de
Harar, Makonnen ou la «compagne» Mariam, le livre de Jean
Esponde, par petites touches, suit pas à pas le quotidien du
poète.
«J'ai essayé d'approcher au plus juste les dernières années de
Rimbaud». Ni essai ni biographie ni roman, il s'agit plutôt ici d'un
reportage imaginaire - un petit glossaire historique et une chronologie
à la fin de l'ouvrage donnent quelques clefs -, servi par
une écriture d'une rare beauté, qui affronte l'énigme d'un des
grands mythes de la littérature française.