Ce vieil air de blues

«Souvent les gens ne voient pas les choses autour d'eux,
souvent les gens n'écoutent pas les vieux bluesmen maudits,
souvent les gens ne veulent pas, tout simplement, ne veulent
rien savoir, de la vie, du blues et des oiseaux, parce que sans
doute, ça leur ferait trop mal, de regarder tous ces enfants perdus
qu'ils croisent chaque jour, tout près de chez eux, le temps
de rien, d'un instant, de s'apercevoir que nos vies, nos petites
vies, se jouent toutes sur les notes de ce vieil air de blues.»
Cécile Beauvoir excelle à ces courts récits d'une douce sévérité
par lesquels elle nous désigne les perdants, les claudicants de la
vie, les petits à qui il faudrait «tous les volumes du Littré pour
se hisser à la hauteur des plus grands». L'indignation y côtoie
l'ironie, la nostalgie y dialogue avec la fantaisie, et toujours
s'y expriment avec légèreté la tendresse et l'amour de la vie.